Journal le Témiscamien  Février 1990
 

Lettres ouvertes

 VENTE DE LA CENTRALE HYDRO-ÉLECTRIQUE DE WINNEWAY

Lundi le 19 février 1990, un groupe de citoyens de Belleterre s'est rendu à l'assemblée de ville afin de réaffirmer son désir de procéder à la vente de la Centrale hydro-électrique de Winneway par appels d'offres.

 Pourtant, il y a plus d'un an, une résolution à cet effet avait déjà été adoptée au conseil de ville alors que M. Paul Larivière était maire. Cette résolution fut adoptée suite à une assemblée générale où tous les citoyens avaient été convoqués afin d'exprimer leur opinion sur la venue d'Hydro-Québec à Belleterre ainsi que de la vente de la Centrale de Winneway. La grande majorité des gens étant d'accord, il fut alors décidé de procéder à la vente par appels d'offres.

 Depuis ce temps, quelques changements se sont produits. M. Paul Larivière a remis sa démission en tant que maire pour des raisons personnelles. Un conseiller, M. Donald Moreau, a quitté la région l'été dernier et n'a jamais été remplacé au conseil de ville. Un seul conseiller, M. Roger Boucher, est toujours en faveur de la vente de la Centrale par appels d'offres. Les deux autres conseillers, M. Gérard Rivard et Mme Pauline Morin, n'ont pas voulu se prononcer devant nous lundi soir. M. Gilles Paquin, le nouveau maire, a pour sa part affirmé ne vouloir en aucun à la vente de la Centrale de Winneway par appels d'offres. Il prétend n'avoir aucune obligation envers la résolution adoptée par le conseil il y a plus d'un an, aucune obligation envers le désir de la population.

 Bien que la ville de Belleterre n'ait pas encore publié d'appels d'offres pour que la vente de la Centrale hydro-électrique de Winneway, deux offres d'achat ont quand même été déposées au bureau de la ville. La première offre écrite nous vient d'Hydro-Méga, une compagnie montréalaise, qui offre 350,000$ à 500,000$ pour acquérir les installations hydro-électriques de Winneway et qui croit pouvoir garder les employés déjà en poste. L'offre est valable.

 Pourtant les élus au conseil ont reconnu n'avoir signifier aucun intérêt pour l'offre d'Hydro-Méga, aucune réponse écrite, aucune rencontre, aucun coup de fil. La deuxième offre, qui n'était malheureusement pas disponible par écrit au bureau de la ville lundi soir lors de l'assemblée, nous vient de M. Savard, actuellement gérant de la Centrale hydro-électrique de Winneway. Toutefois, selon M. le maire, l'offre est de 350,000$, le maintien des trois emplois existants est assuré et la création de sept emplois temporaires pendant la saison estivale est possible.

 L'offre est aussi valable mais c'est la seule à laquelle le conseil de ville s'intéresse présentement.

Pourtant, il est possible de croire que si la ville de Belleterre procédait par appels d'offres pour la vente de la Centrale hydro-électrique de Winneway, d'autres individus ou compagnies se montreraient intéressés à déposer une offre d'achat, ce qui pourrait s'avérer être très avantageux. Il ne faut pas oublier qu'on parle ici d'une transaction qui peut atteindre 1/2 million de dollars et plus, c'est sérieux.

 Donc, la population de Belleterre désire que la vente de la Centrale hydro-électrique de Winneway se fasse par appels d'offres, que toutes les offres soient sérieusement considérées et que celle présentant les meilleures conditions soit négociée et accepté. Ceci serait le procédé le plus juste, démocratique, légal, sensé.

Les signataires :
Pierre Phillips, O'Brien Rivard, Michel Audet, Gérald Bernier, Roger Nantel, Donald Phillips, Luc Brassard, France Brassard, Réjean Loiselle, Jean Quenneville.

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Vente de la Centrale hydro-électrique de Belleterre

LES CITOYENS EXPRIMENT LEUR POINT DE VUE DEVANT LE CONSEIL MUNICIPAL

 Les citoyens de Belleterre privilégient la vente de la Centrale hydro-électrique de Winneway par voix d'appels d'offres. Une douzaine de citoyens a signifié cette volonté au conseil municipal lors d'une récente réunion(19 février) de ce conseil.

 Michelle Gosselin

Ce groupe de Belleterrois a questionné les membres du conseil municipal sur ce dossier pour en savoir plus long sur cette transaction, explique le porte-parole des citoyens Pierre Phillips. Les citoyens voulaient connaître la teneur des offres reçues par le conseil municipal.

 On sait que deux offres sont présentement sur la table pour l'acquisition des installations hydro-électriques de Winneway. La première provient d'Hydro-Méga, une compagnie montréalaise, qui offre entre 350,000$ et 500,000$ . La seconde a été faite par M. Laurent Savard, l'actuel responsable de la centrale, qui serait prêt à débourser 350,000$ et à garantir le maintien des emplois actuels en plus de créer 7 emplois saisonniers(été).

 Le groupe de citoyens assistant à la réunion du conseil a voulu connaître les conditions reliées à ces deux offres afin de juger de leur validité et d'établir une comparaison entre les deux. Ce qu'on souhaiterait voir ce sont les offres écrites pour prendre connaissance de leur teneur.

 Il n'en demeure pas moins que les citoyens de Belleterre demandent que cette transaction, qui implique des sommes pouvant aller jusqu'à 500,000$ fait remarquer M. Phillips, se fasse ouvertement par appels d'offres. Ainsi, la municipalité se donnerait toutes les chances d'obtenir le meilleur prix et les meilleures conditions possibles pour vendre ses installations hydro-électriques.

 D'autant plus que la question avait été débattue lors d'une assemblée publique à laquelle assistait une cinquantaine de personnes à l'automne 1988; il avait été convenu que le conseil municipal publierait des appels d'offres pour vendre la centrale, ce qui avait été entériné par le dit conseil alors que M. Paul Larivière était maire de Belleterre.

 Cette requête, le conseil municipal n'est aucunement tenu d'y acquiescer. Légalement, il peut tout aussi bien décider de vendre la centrale sans publier d'appels d'offres que d'enclencher ce processus permettant à tous d'être dans la course. Cependant, les citoyens considèrent que c'est moralement que le conseil se doit de choisir la voix des appels d'offres. "Si la ville fait la transaction sans se plier au désir de la population, ce serait mal vu.", explique M. Phillips.

Le groupe de citoyens entend faire des pressions, via les médias et en assistant aux réunions du conseil municipal, pour obtenir gain de cause. Ce dossier sera suivi de près, mentionne Pierre Phillips, ce qui demeure le seul recours, semble-t-il, des citoyens.

Pour sa part, le député Rémy Trudel est d'avis que "le conseil municipal est tenu moralement d'aller en appels d'offres" pour céder ses infrastructures hydro-électriques, s'appuyant sur la résolution de l'ancienne administration. Il entend vérifier les aspects légaux des obligations de la municipalités auprès de la Commission municipale du Québec.

 Mentionnons que, au moment de mettre sous presse, il a été impossible de rejoindre le maire Gilles Paquin pour connaître son point de vue face aux revendications des citoyens.

 

 

 

 

 

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